Après une décennie de revendications incessantes, des habitants du delta du Niger, au Nigeria, sont enfin prêts à voir la compagnie pétrolière Shell sur les bancs des accusés devant la Haute Cour du Royaume-Uni. Ce procès, qui débute aujourd'hui, est le résultat d'années de lutte pour la justice environnementale et sociale, visant à obtenir une reconnaissance des dommages environnementaux présumés causés par Shell dans la région, notamment sur le territoire d'Ogoni.
Cette action judiciaire est soutenue par l'ONG Amnesty International, qui dénonce le niveau alarmant de pollution engendrée par les activités de Shell. Selon l'ONG, la pollution a eu un impact dévastateur sur l'environnement local, privant des milliers de personnes d'un accès à l'eau potable et nuisant à l'agriculture et à la pêche, activités essentielles à la survie de ces communautés.
Les témoignages des residentes locaux font état d'une situation critique : les déversements de pétrole ont contaminé terres agricoles, cours d'eau et réserves d'eau potable, entraînant des malformations chez les nouveau-nés et une hausse alarmante des décès. Selon l'ONU, plus de 7 000 incidents de déversement de pétrole ont été répertoriés dans la région depuis 1958. Une étude de 2011 réalisée par le Programme des Nations unies pour l'environnement a même révélé des niveaux de benzène, un cancérigène, jusqu'à 900 fois supérieurs aux limites établies par l'OMS.
Au cours de cette première journée de procès, les avocats représentant les plaignants environ 13 000 habitants du delta du Niger a présenté des arguments contre la compagnie pétrolière. Ils citent des précédents juridiques tant en Angleterre qu'au Nigeria, cherchant à établir la responsabilité de Shell dans les déversements de pétrole.
Shell, de son côté, a prévu de détailler ses arguments préliminaires le 14 février. L'entreprise anglo-néerlandaise devrait tenter de convaincre la juge que sa responsabilité est limitée aux déversements accidentels, qui auraient été causés par des actes de sabotage par des tiers, notamment des criminels qui siphonnent les pipelines pour réaliser un raffinage illégal. Dans des documents remis avant le procès, Shell reconnaît son obligation d'indemniser les communautés touchées par des incidents involontaires, mais balaye toute responsabilité occasionnée par des interventions extérieures.
Dans une déclaration, Isa Sanusi, directeur d’Amnesty International Nigeria, a dénoncé cette position : « Évoquer le sabotage comme cause principale des dégâts, c'est une façon d'échapper à ses responsabilités. Les conséquences de l'exploitation pétrolière de Shell sont beaucoup plus graves et dévastatrices que les incidents isolés de sabotage. »
Après une décennie de revendications incessantes, des habitants du delta du Niger, au Nigeria, sont enfin prêts à voir la compagnie pétrolière Shell sur les bancs des accusés devant la Haute Cour du Royaume-Uni. Ce procès, qui débute aujourd'hui, est le résultat d'années de lutte pour la justice environnementale et sociale, visant à obtenir une reconnaissance des dommages environnementaux présumés causés par Shell dans la région, notamment sur le territoire d'Ogoni.
Cette action judiciaire est soutenue par l'ONG Amnesty International, qui dénonce le niveau alarmant de pollution engendrée par les activités de Shell. Selon l'ONG, la pollution a eu un impact dévastateur sur l'environnement local, privant des milliers de personnes d'un accès à l'eau potable et nuisant à l'agriculture et à la pêche, activités essentielles à la survie de ces communautés.
Les témoignages des residentes locaux font état d'une situation critique : les déversements de pétrole ont contaminé terres agricoles, cours d'eau et réserves d'eau potable, entraînant des malformations chez les nouveau-nés et une hausse alarmante des décès. Selon l'ONU, plus de 7 000 incidents de déversement de pétrole ont été répertoriés dans la région depuis 1958. Une étude de 2011 réalisée par le Programme des Nations unies pour l'environnement a même révélé des niveaux de benzène, un cancérigène, jusqu'à 900 fois supérieurs aux limites établies par l'OMS.
Au cours de cette première journée de procès, les avocats représentant les plaignants environ 13 000 habitants du delta du Niger a présenté des arguments contre la compagnie pétrolière. Ils citent des précédents juridiques tant en Angleterre qu'au Nigeria, cherchant à établir la responsabilité de Shell dans les déversements de pétrole.
Shell, de son côté, a prévu de détailler ses arguments préliminaires le 14 février. L'entreprise anglo-néerlandaise devrait tenter de convaincre la juge que sa responsabilité est limitée aux déversements accidentels, qui auraient été causés par des actes de sabotage par des tiers, notamment des criminels qui siphonnent les pipelines pour réaliser un raffinage illégal. Dans des documents remis avant le procès, Shell reconnaît son obligation d'indemniser les communautés touchées par des incidents involontaires, mais balaye toute responsabilité occasionnée par des interventions extérieures.
Dans une déclaration, Isa Sanusi, directeur d’Amnesty International Nigeria, a dénoncé cette position : « Évoquer le sabotage comme cause principale des dégâts, c'est une façon d'échapper à ses responsabilités. Les conséquences de l'exploitation pétrolière de Shell sont beaucoup plus graves et dévastatrices que les incidents isolés de sabotage. »
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