Une enquête du Conflict Armament Research (CAR) dévoile l’origine des armes utilisées par les groupes armés dans la région du Sahel central. Une majorité d’entre elles sont issues d’anciens stocks militaires, souvent saisis lors d’attaques contre les forces de sécurité.
Le Sahel central, notamment la zone des « trois frontières » entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, reste l’un des foyers les plus instables de la planète. Les groupes jihadistes salafistes – le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) – y poursuivent leurs offensives contre les armées nationales et les populations civiles. Selon le Global Terrorism Index 2025, plus de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde ont eu lieu au Sahel en 2024.
Dans ce contexte, l’ONG Conflict Armament Research (CAR), spécialisée dans la traçabilité des armes en zones de conflit, a publié ce lundi 28 avril les résultats d’une étude menée entre 2015 et 2023. Basée sur l’analyse de plus de 700 armes saisies dans les régions du Liptako-Gourma et du lac Tchad, l’enquête révèle que les arsenaux jihadistes sont principalement composés d’armes anciennes, de type militaire, majoritairement produites entre les années 1960 et 1980.
Des armes russes, chinoises et est-européennes
Les fusils d’assaut, représentant près de 80 % des armes examinées, proviennent en grande partie de Chine et de Russie, ainsi que de pays d’Europe de l’Est comme la Pologne, la Roumanie ou la Bulgarie. Seules 5 % des armes recensées ont été produites après 2011.
Les chercheurs ont identifié que près d’un quart de ces armes proviennent directement des stocks militaires des pays sahéliens. “Il ne s’agit pas uniquement de complicités ou de corruption”, précise Claudio Gramizzi, responsable régional de CAR. “La plupart de ces armes sont perdues ou abandonnées lors d’attaques de groupes jihadistes contre les forces armées.”
Un symbole de puissance pour les groupes armés
Ces prises sont souvent mises en scène par les groupes jihadistes dans des vidéos de propagande, comme récemment au Bénin après une attaque meurtrière menée par le Jnim. Ces images visent à renforcer leur crédibilité auprès des populations et à intimider les États.
Face à ce constat, la CAR appelle à une meilleure sécurisation des stocks d’armes et à un renforcement des dispositifs de traçabilité au sein des armées africaines. Une recommandation cruciale, alors que la région reste en proie à une insécurité chronique et à une circulation incontrôlée d’armes de guerre.
Une enquête du Conflict Armament Research (CAR) dévoile l’origine des armes utilisées par les groupes armés dans la région du Sahel central. Une majorité d’entre elles sont issues d’anciens stocks militaires, souvent saisis lors d’attaques contre les forces de sécurité.
Le Sahel central, notamment la zone des « trois frontières » entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, reste l’un des foyers les plus instables de la planète. Les groupes jihadistes salafistes – le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) – y poursuivent leurs offensives contre les armées nationales et les populations civiles. Selon le Global Terrorism Index 2025, plus de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde ont eu lieu au Sahel en 2024.
Dans ce contexte, l’ONG Conflict Armament Research (CAR), spécialisée dans la traçabilité des armes en zones de conflit, a publié ce lundi 28 avril les résultats d’une étude menée entre 2015 et 2023. Basée sur l’analyse de plus de 700 armes saisies dans les régions du Liptako-Gourma et du lac Tchad, l’enquête révèle que les arsenaux jihadistes sont principalement composés d’armes anciennes, de type militaire, majoritairement produites entre les années 1960 et 1980.
Des armes russes, chinoises et est-européennes
Les fusils d’assaut, représentant près de 80 % des armes examinées, proviennent en grande partie de Chine et de Russie, ainsi que de pays d’Europe de l’Est comme la Pologne, la Roumanie ou la Bulgarie. Seules 5 % des armes recensées ont été produites après 2011.
Les chercheurs ont identifié que près d’un quart de ces armes proviennent directement des stocks militaires des pays sahéliens. “Il ne s’agit pas uniquement de complicités ou de corruption”, précise Claudio Gramizzi, responsable régional de CAR. “La plupart de ces armes sont perdues ou abandonnées lors d’attaques de groupes jihadistes contre les forces armées.”
Un symbole de puissance pour les groupes armés
Ces prises sont souvent mises en scène par les groupes jihadistes dans des vidéos de propagande, comme récemment au Bénin après une attaque meurtrière menée par le Jnim. Ces images visent à renforcer leur crédibilité auprès des populations et à intimider les États.
Face à ce constat, la CAR appelle à une meilleure sécurisation des stocks d’armes et à un renforcement des dispositifs de traçabilité au sein des armées africaines. Une recommandation cruciale, alors que la région reste en proie à une insécurité chronique et à une circulation incontrôlée d’armes de guerre.
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